Avec chaque siècle il devient de plus en plus évident que la personne de Jésus-Christ demeure la vie la plus influente sur cette planète. Son influence même après 2000 ans ne fait que croître. Cela nous semble de plus en plus étonnante si nous considérons qu’il est sorti d’une famille pauvre d’un groupe très minoritaire, dans un petit pays sous occupation étrangère ; il n’a vécu que trente-trois ans environ dont seulement les trois dernières années représentaient son ministère public.

En quoi Jésus est-il si différent ? Il est admis par tous qu’il était un grand chef (leader) religieux. Mais il faut ajouter que plus que peut-être tout autre nom, sa mention suscite des réactions différentes, même passionnées pour ou contre. Pour certains, le fait de faire allusion à son nom signale la fin d’une conversation. Pourquoi ces gens se mettent-ils tant sur la défensive ? En quoi Jésus est-il différent des autres fondateurs religieux ? Pourquoi les noms de Bouddha, Mahomet ou Confucius ne offensent-ils pas les gens ?

Que se réclamait Jésus pour lui-même ?

Il ne faut pas très longtemps en étude des propos de Jésus pour s’apercevoir qu’il émettait des prétentions étonnantes quant à sa personne. Selon Joshua McDowell grand apologétique américain : “De toute évidence il s’attribuait la divinité. Il se présentait comme la seule voie d’accès à une relation avec Dieu, la seule source de pardon des péchés et le seul moyen de salut.”

Pour beaucoup cela devient trop exclusif et trop étroit. Ce qui est troublant pour eux, c’est l’autorité que ses propos se réclament. La destinée éternelle de tout homme dépend de sa relation avec cette personne de Jésus.

Le nom Jésus-Christ est moitié nom-moitié titre. Son nom, Jésus, a lui-même une signification : c’est le forme grecque du nom hébreu Josué, qui signifie “l’Eternel est le salut”. Le Nouveau Testament présent Jésus comme “le Christ”, qui est un titre signifiant “celui qui est oint”. Dans la tradition hébreu de l’Ancien Testament les prophètes, les rois et les sacrificateurs étaient oints d’huile pour les désigner et les initier dans leur office. L’Ancien Testament a pourtant prédit la venue d’éternité de Celui qui sera l’Oint (le Messie en hébreu) accomplissant toutes ces fonctions. Voir Daniel 9.26 ; Psaume 2.2 ; 45.7-8 ; 61.1. Le Messie accomplira toutes ces fonctions du prophète : Deut. 18.15 ; du sacrificateur : Psaume 110.4 ; et du roi : Esaïe 33.22.

Les écritures attribuent à Jésus non seulement le titre du Christ mais aussi les caractéristiques qui appartiennent à Dieu seul.

Jésus existe par lui-même (Jean 1.4 ; 8.58 ; 14.6), il est omniprésent (Matthieu 18.20 ; 28.20), omniscient (Jean 4.16 ; 6.64), omnipotent (Apocalypse 1.8 ; Luc 7.14-15)

Jésus reçoit l’honneur qui revient à Dieu seul. Jésus était adoré (Matthieu 14.33, 28.9) pourtant par sa propre affirmation ceci est réservé à Dieu seul (Matthieu 4.10)

Jésus a pardonné les péchés aux gens. Puisque les péchés sont contre Dieu, seul Dieu peut les pardonner ; une tierce personne ne peut pas pardonner. Marc 2.5 “Alors Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon fils, tes péchés te sont pardonnés.” ; Luc 7.48-49 : “Puis il dit à la femme: Tes péchés te sont pardonnés. Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui même pardonne les péchés?” Ses disciples, qui étaient des juifs monothéistes, l’attribuaient d’être Dieu :

Selon Paul avec son éducation rabbinique : Actes 20.28 : “Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’église de Dieu, qu’il a acquise par son propre sang.” ; Tite 2.14 “En attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ”

Selon Pierre, apôtre parmi les plus proches de Jésus : Matthieu 16.16 “Simon Pierre, prenant la parole, dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.” Jésus a accepté sa profession et l’a même attribuée à l’inspiration divine lorsque Jésus a répondu : “Tu es heureux, Simon, fils de Jona; car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux.” (16.17)

D’autres ont aussi reconnu sa divinité : par exemple, Marthe (Jean 11.57) ; Nathanael (Jean 1.49) ; Etienne (Actes 7.59) ; Jean-Baptiste (Luc 3.22) ; et Thomas (Jean 20.28).

Jésus lui-même s’est réclamé l’égalité avec le Père : Jean 5.16,18 : “Mais Jésus leur dit: «Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et je travaille aussi».…A cause de cela, les Juifs poursuivaient Jésus, et cherchaient à le faire mourir, parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.” ; Jean 5.23 : “que tous honorent le Fils, comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé.” ; Jean 10.30 “Moi et le Père, nous sommes un.”

Les prétentions de Jésus sont donc claires ; il s’est réclamé d’être Fils de Dieu, l’égal de Dieu le Père, et il exerçait les fonctions d’une personne divine.

Quelle doit être notre réponse à une telle personne ?

Selon C.S. Lewis : “J’essaie ici d’empêcher quiconque de dire quelque chose insensée que les gens disent souvent de lui : Je suis prêt à accepter Jésus comme un grand maître de moral, mais je n’accepte pas sa prétention d’être Dieu. Il ne faut pas dire cela. Un homme qui ne serait qu’un simple homme et qui tiendrait le genre de propos que Jésus a tenu ne serait pas un grand maître de morale. Ou bien ce serait un fou, au même titre que l’homme qui se prend pour un oeuf poché, ou alors ce serait le diable de l’enfer. Vous devez choisir. Ou bien cet homme était et est le Fils de Dieu, ou bien c’est un fou, si ce n’est pire.”

Il doit paraître évident, à tout lecteur attentif des récits évangéliques, que Jésus regardait sa personne et son message comme inséparables. On ne peut pas accepter son message concernant la bonne manière de vivre et voir le monde, et rejeter sa personne, qui dans les mêmes discours se réclamer pour lui-même la divinité.

Jésus prétendait être Dieu. Il ne nous a pas laissés libres de croire autre chose. Sa prétention ne peut qu’être vraie ou fausse, c’est donc une chose qui mérite d’être prise sérieusement en considération. La question de Jésus à ses disciples : «Mais vous, qui dites-vous que je suis ?» (Matthieu 16.15) peut recevoir plusieurs réponses.

En premier lieu, supposons que sa prétention d’être Dieu était fausse. Si c’était le cas, nous avons seulement deux solutions possibles. Ou il savait qu’elle était fausse, ou il l’ignorait.

Etait-ce un menteur ?

Si, tout en formulant sa prétention, Jésus savait qu’il n’était pas Dieu, c’est donc qu’il mentait et trompait délibérément ceux qui le suivaient. Or, c’était un menteur, c’était également un hypocrite, parce qu’il disait aux autres d’être honnêtes à n’importe quel prix, tandis que lui-même enseignait et vivait un mensonge monumental ! Qui plus est, c’était un démon, parce qu’il invitait les autres à lui faire confiance quant à leur destin éternel. Enfin, c’était également un sot, parce que ce furent ses prétentions à la divinité qui le conduisirent à la crucifixion.

Beaucoup disent que Jésus était un docteur de bonne moralité. Soyons réalistes. Comment pourrait-il à la fois être un maître en matière de morale et abuser sciemment les gens sur le point le plus important de son enseignement, sa propre identité ?

Cette supposition présume qu’il mentait de propos délibéré. Cette image de Jésus, cependant, ne concorde pas avec ce que nous connaissons à la fois de lui et des fruits produits par sa vie et son enseignement. Partout o-Jésus a été proclamé, des vies ont été transformées pour leur bien, des nations ont vu un changement bénéfique, des voleurs sont devenus honnêtes, des alcooliques ont été guéris, des gens pleins de haine sont devenus des canaux d’amour, des injustes sont devenus justes.

Un des adversaires du christianisme a écrit au sujet de Jésus, qu’il “était non seulement le plus haut modèle de vertu, mais aussi le meilleur stimulant pour la mettre en pratique… le simple récit de ces trois courtes années d’une vie active a fait plus pour régénérer et adoucir le genre humain que tous les traités des philosophes et toutes les exhortations des moralistes.”

Une personnalité si originale, si complète, si uniformément conséquente, si parfaite, si humaine et cependant tellement élevé au-dessus de toute grandeur humaine ne peut être ni de la fraude ni de la fiction. “Comment, au nom de la logique, du bon sens et de l’expérience, un imposteur, c’est à dire un homme trompeur, égoïste et dépravé, aurait-il pu inventer et maintenir, du commencement jusqu’à la fin, la personnalité la plus pure et la plus noble que l’histoire ait connues, et ce avec le plus parfait air de vérité et de réalité ? Comment aurait-il pu concevoir et mener à bien un plan d’une bienfaisance, d’une grandeur et d’une sublimité sans précédent et y sacrifier sa vie, en butte aux plus graves préjudices de la part de son peuple et de son époque ?” (L’historien Philip Schaff)

Si Jésus voulait tromper les gens et faire en sorte que les gens le suivent et croient à sa divinité, pourquoi était-il allé vers le peuple juif ? Il aurait eu un plus grand accueil chez les Egyptiens ou les Grecs, qui adoraient une multiplicité des dieux et ne manquerait pas de voir en Jésus avec ses miracles une personne digne d’adoration. Mais aller chez les Juifs, c’est inviter l’opposition de la part de ceux qui tenaient absolument au monothéisme et à l’unité indivisible de Dieu.

Nous pouvons conclure, en réponse à cette proposition que Jésus serait menteur, que quelqu’un ayant vécu comme Jésus et enseigné comme lui et étant mort comme lui ne pouvait pas être un menteur. Passons à la deuxième proposition :

Etait-ce un fou ?

S’il est inconcevable de voir en Jésus un menteur, n’aurait-il pu, du moins, se croire Dieu et se tromper ? Après tout, il est possible d’être à la fois sincère et dans l’erreur. Mais n’oublions pas que se prendre pour Dieu, particulièrement dans une culture farouchement monothéiste, puis aller dire à d’autres en effet : «Votre destinée éternelle dépend de votre foi en moi» n’est pas seulement le signe d’une imagination débridée, mais relève de la démence dans le plein sens du terme, si ce n’est pas vrai. Jésus-Christ était-il un fou ?

De nos jours, quelqu’un qui se prend pour un grand et qui se berce des illusions sur son compte serait rapidement enfermé de faáon de ne pas se blesser ni blesser quelqu’un d’autre. Cependant, chez Jésus, nous n’observons aucune des anomalies ni le déséquilibre qui accompagnent habituellement le dérangement mental.

A la lumière des autres choses que nous connaissons de Jésus, il est difficile d’imaginer qu’il ait été mentalement dérangé. Voilà un homme qui a formulé certaines des pensées les plus profondes jamais entendues. Ses enseignements ont libéré de nombreuses personnes mentalement asservies. Il montrait une totale bonne santé mentale. Si seulement nous étions aussi sains d’esprit que lui !

Un psychiatre J.T. Fischer affirme : “S’il vous fallait prendre la somme totale de tous les articles importants jamais écrits sur le sujet de l’hygiène mentale par les psychologues et les psychiatres les plus qualifiés, … vous auriez alors un résumé maladroit et incomplet du Sermon sur la montagne… Depuis bientût deux mille ans le monde chrétien tient entre ses mains la réponse complète à ses aspirations agitées et stériles. C’est là que réside le modèle d’une vie humaine réussie qui laisse l’homme optimiste, satisfait de son sort et jouissant d’une bonne santé mentale.”

Selon Philip Schaff : “Est-ce qu’une telle intelligence, claire comme le ciel, tonifiante comme l’air de la montagne, aiguisée et pénétrante comme une épée, d’une santé et d’une vigueur absolues, toujours en éveil et toujours assurée, irait de pair avec une illusion radicale et des plus graves concernant sa propre personnalité et sa mission ? Quelle absurdité !”

Etait-il Seigneur ?

La seule autre solution envisageable, c’est qu’il était le Christ, le Fils de Dieu, ainsi qu’il le prétendait.

Crédit d’image: bela_kiefer <http://www.freedigitalphotos.net/images/view_photog.php?photogid=440>